Guideline 1.1 Objectionable Content : corriger un refus
Par Mehdi Azizi
Publié le , 9 min
Guideline 1.1 : Apple refuse le contenu choquant, les fausses fonctions et les apps qui profitent de l'actualité. Les 7 sous-règles et le correctif de chacune.
La guideline 1.1, « Objectionable Content », refuse les apps dont le contenu est offensant, choquant, de très mauvais goût ou trompeur. Elle couvre aussi les fausses fonctions, comme un faux détecteur, et les apps qui profitent d'un drame d'actualité. Le correctif consiste à retirer ou encadrer l'élément visé, dans l'app et sur la fiche, puis à dire au reviewer ce qui a changé.
Je publie mes propres apps iOS : Solys, TradaZen et Nolera sont sur l'App Store. Ce guide s'appuie sur le texte officiel d'Apple, lu le 15 octobre 2026 (« Last Updated : June 8, 2026 »). Les apps citées plus bas sont des exemples construits pour illustrer la règle. Pour la vue d'ensemble des motifs de refus, lis plutôt pourquoi Apple refuse une app.
Que dit la guideline 1.1 ?
La 1.1 ouvre la section 1, « Safety », des App Review Guidelines. Sa phrase de départ : « Apps should not include content that is offensive, insensitive, upsetting, intended to disgust, in exceptionally poor taste, or just plain creepy. » Autrement dit, pas de contenu offensant, blessant, dérangeant, fait pour dégoûter, de très mauvais goût ou simplement glauque.
L'introduction de la section est encore plus directe : « if you're looking to shock and offend people, the App Store isn't the right place for your app. » Si ton but est de choquer, l'App Store n'est pas le bon endroit.
Les sept sous-règles sont des exemples, pas une liste fermée. Le reviewer juge le ton et l'effet du contenu. C'est pour cela qu'un refus 1.1 surprend souvent : aucune case précise n'a été cochée, mais l'ensemble a été jugé limite.
Les 7 sous-règles, de la 1.1.1 à la 1.1.7
- 1.1.1 : contenu diffamatoire, discriminatoire ou méchant envers un groupe (religion, origine, orientation sexuelle, genre…), surtout s'il risque d'humilier une personne ou un groupe ciblé. Exception : « Professional political satirists and humorists are generally exempt from this requirement. »
- 1.1.2 : violence réaliste contre des personnes ou des animaux, ou incitation à la violence. Dans un jeu, les ennemis ne peuvent pas viser seulement une origine, un vrai gouvernement ou une vraie entreprise.
- 1.1.3 : usage dangereux ou illégal des armes, ou aide à l'achat d'armes à feu et de munitions.
- 1.1.4 : contenu sexuel explicite ou pornographique, y compris les apps de rencontres d'un soir.
- 1.1.5 : commentaire religieux incendiaire, ou citation inexacte d'un texte religieux.
- 1.1.6 : fausses informations et fausses fonctions, comme des données d'appareil inexactes ou un faux traceur de position. La phrase clé : « Stating that the app is “for entertainment purposes” won't overcome this guideline. » Les apps d'appels ou de SMS anonymes ou de canular sont refusées.
- 1.1.7 : apps qui cherchent à profiter d'un événement récent, comme une guerre, un attentat ou une épidémie.
Le tableau : sous-règle, refus typique, correctif
Voici la grille à passer avant d'envoyer une app qui touche à l'humour, à l'IA ou à l'actualité. Les refus typiques sont des exemples construits à partir du texte.
| Sous-règle | Refus typique | Correctif |
|---|---|---|
| 1.1.1 Méchanceté | Blagues sur une origine | Viser des idées, pas des gens |
| 1.1.2 Violence | Gore réaliste, cible réelle | Style dessiné, ennemi fictif |
| 1.1.3 Armes | Lien vers un armurier | Retirer achat et liens |
| 1.1.4 Sexualité | Avatar IA dénudé | Filtre et tenue habillée |
| 1.1.5 Religion | Verset cité de travers | Texte exact et sourcé |
| 1.1.6 Fausseté | Faux détecteur de mensonge | Fonction réelle ou retrait |
| 1.1.7 Actualité | Jeu sur une guerre en cours | Retirer le thème |
Une mention « pour le divertissement » ne sauve pas une fausse fonction : Apple l'écrit noir sur blanc dans la 1.1.6.
Quatre cas typiques pour une app indépendante
Les quatre cas ci-dessous sont des exemples construits, pas des apps réelles.
L'app satirique
Exemple : une app qui génère des fausses unes de journal avec des personnalités politiques. L'exception de la 1.1.1 vise les satiristes et humoristes « professionnels ». Un développeur seul n'en bénéficie pas automatiquement. Le texte vise d'abord le contenu qui humilie, intimide ou blesse une cible précise.
Ce que je ferais : viser des situations, pas des origines ou des religions. Ne jamais permettre de cibler une personne privée par son nom ou sa photo. Et si les utilisateurs publient leurs créations, ajouter le filtre, le signalement et le blocage exigés par la guideline 1.2.
Le faux détecteur et l'app blague
Exemple : un « détecteur de mensonge » qui lit le doigt posé sur l'écran, un scanner d'empreinte qui « devine » l'humeur, un traceur qui localise n'importe quel numéro. Le téléphone ne mesure rien de tout cela. C'est exactement le « trick/joke functionality » de la 1.1.6.
Le correctif n'est pas un avertissement de plus. Soit la fonction mesure vraiment ce qu'elle affiche, soit elle disparaît. Si l'idée est un jeu entre amis, assume le jeu : des questions, un score, un gage, sans prétendre lire le corps ou l'appareil. Même chose pour la fiche : un nom qui promet un vrai détecteur suffit à attirer la 1.1.6.
Le contenu généré par IA, sans filtre
Exemple : une app qui écrit des histoires, des blagues ou des réponses de coach avec un modèle d'IA, affichées telles quelles. Ce que ton IA produit, c'est ton app qui le publie. Si un message raciste ou violent sort du modèle, la 1.1 s'applique comme si tu l'avais écrit.
Ce que je mettrais en place :
- Des consignes système qui fixent le ton et les sujets interdits.
- Un contrôle de la demande et de la réponse sur le serveur, avant l'affichage. OpenAI propose un modèle de modération gratuit, qui classe le texte et les images.
- Un message neutre quand la réponse est bloquée, et un bouton pour signaler une réponse.
Ce contrôle tourne sur le serveur, où la clé du modèle doit rester, comme je l'explique dans clé API secrète dans une app Expo. Si les créations peuvent être partagées avec d'autres, la 1.2 s'ajoute à la 1.1. Et l'envoi des données de l'utilisateur au modèle relève de la guideline 5.1.2.
L'avatar ou l'image IA
Exemple : une app qui transforme un selfie en personnage, ou qui génère des avatars. Trois risques. Une image sexualisée relève de la 1.1.4. Une image gore ou réaliste de violence relève de la 1.1.2. Une vraie personne ridiculisée ou mise en scène sans accord tombe sous la 1.1.1.
Le correctif : filtrer la demande et l'image produite, refuser les photos de tiers, et garder des tenues habillées par défaut. Pour les logos, personnages et styles de marque, la question des droits est traitée dans le guide de la guideline 5.2.1.
La fiche compte autant que l'app
Un refus 1.1 peut viser la fiche autant que le code : une description provocante, un mot-clé déplacé, une capture trop crue. La règle 2.3.8 l'impose : « Metadata should be appropriate for all audiences ». L'icône, les captures et les aperçus doivent rester au niveau 4+, même si ton app est classée plus haut. Pour un jeu violent, Apple cite l'exemple d'images sans mort sanglante ni arme pointée sur un personnage.
Réponds aussi honnêtement au questionnaire de classification par âge, comme le demande la règle 2.3.6. Ses valeurs et définitions couvrent la violence, la sexualité, l'humour grossier et l'horreur. Une classification juste ne rend pas acceptable un contenu interdit. Elle évite surtout de surprendre les familles qui se fient au contrôle parental.
Répondre à un refus 1.1
- Trouve l'élément visé. Le message cite parfois une capture ou un écran. S'il reste vague, demande dans App Store Connect quel contenu pose problème.
- Corrige partout. L'app, la description, les mots-clés, les captures et les images des achats intégrés.
- Prévois un nouveau build si le contenu vit dans l'app. Un changement de fiche seul ne suffit que si le problème était sur la fiche.
- Explique en deux phrases. La méthode et les délais de réponse sont détaillés dans répondre à App Review.
Un modèle de notes en anglais, à adapter, en ne gardant que ce qui est vrai :
Hello,
Thank you for your feedback regarding Guideline 1.1.
In build [X], we have:
- removed [content] from [screen] and from the
App Store description and screenshots;
- added server-side moderation of AI requests and
responses before anything is displayed;
- added a "Report" button on every generated result.
Best regards,
[Your name]
Fais appel auprès de l'App Review Board seulement si le reviewer a mal compris ton contenu. Un contenu limite ne se défend pas, il se retire.
La check-list 1.1 avant l'envoi
- Aucun texte, image ou son ne vise un groupe, une religion ou une personne privée.
- Les ennemis d'un jeu sont fictifs, et la violence n'est pas réaliste.
- Aucune fonction ne prétend mesurer ce que le téléphone ne mesure pas.
- Aucun thème ne profite d'une guerre, d'un attentat ou d'une épidémie en cours.
- Chaque sortie d'IA passe par un contrôle serveur avant l'affichage.
- L'icône, les captures et la description restent au niveau 4+.
- Le questionnaire de classification par âge décrit le contenu réel.
- Les notes de revue expliquent les zones limites, comme un humour noir ou un thème sensible.
Corriger ton refus avant de renvoyer l'app
Le Kit Review Apple rassemble ce que je vérifie avant chaque envoi, avec deux skills qui relisent ton projet dans Claude Code et préparent ta réponse si Apple refuse. Pour un regard humain, réserve une heure avec moi : on relit ton contenu et ta fiche ensemble. La démarche complète est sur la page application refusée par Apple.
Si tu prépares ta première sortie, fais ton diagnostic gratuit : il te dit quelle étape attaquer d'abord et t'envoie ma checklist anti-refus Apple.
Personne ne peut garantir qu'Apple acceptera ton app. Retirer les zones limites avant l'envoi retire au moins ce motif de la liste.
Questions fréquentes
Que veut dire « Guideline 1.1 - Safety - Objectionable Content » ?
C'est l'intitulé du refus dans le message d'Apple. Le reviewer a jugé qu'un contenu de l'app ou de sa fiche était offensant, choquant ou trompeur. Le message peut viser une sous-règle précise, par exemple « Guideline 1.1.6 » pour une fausse fonction.
Qu'est-ce que la guideline 1.1.6 ?
C'est la sous-règle sur les fausses informations et les fausses fonctions : données d'appareil inexactes, faux traceur de position, fonction farce. Elle refuse aussi les apps d'appels ou de SMS anonymes ou de canular. Le correctif consiste à rendre la fonction réelle, ou à la retirer.
Une mention « pour le divertissement » suffit-elle ?
Non. La 1.1.6 précise qu'écrire que l'app est « for entertainment purposes » ne suffit pas. Si une fonction prétend mesurer ou détecter quelque chose que le téléphone ne mesure pas, l'avertissement ne change rien au refus.
Une app d'humour ou de satire peut-elle passer la 1.1 ?
Elle peut passer si l'humour ne vise pas un groupe, une religion ou une personne privée. L'exception de la 1.1.1 concerne les satiristes et humoristes professionnels. Pour une app indépendante, vise des situations et des idées, pas des gens, et garde une fiche au niveau 4+.
Le contenu généré par IA relève-t-il de la 1.1 ou de la 1.2 ?
Des deux, selon le parcours. Ce que l'IA affiche à la personne qui l'utilise relève de la 1.1 : tu en es responsable comme d'un texte écrit à la main. Si ces créations sont partagées avec d'autres utilisateurs, la 1.2 s'ajoute, avec filtre, signalement, blocage et contact publié.

